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Lettre à l'enfant


Tu es bien trop petit pour comprendre ce que je vais te dire là, mais c’est pas plus mal car ce que je vais te dire ne vas pas te réconforter.

Ça va pas être simple cette histoire, la vie. Ah non, ça va pas être simple !

Tu vas voir au début, ça va bien se passer. Tu vivras des tonnes d’aventures, tu auras des bleus sur les jambes, de la terre sous les doigts, des tâches partout sur tes vêtements, des noeuds dans les cheveux…


Tu croiras aux dragons, aux fées, aux lutins et aux pirates et avec eux, tu apprendras que la vie c’est un grosse marmite, dans laquelle tout se mélange. Les gentils, les méchants, le bien, le mal, le bonheur, la folie, la peur, les cris de joie, la tendresse, les larmes…


Toi, t’auras juste envie de jouer, ça t’intéressera pas de comprendre tout ça pour l’instant. Et avant qu’on continue, essaie de garder ça dans ton coeur, ce besoin de vivre, juste vivre sans essayer de comprendre. Tu en auras besoin pour plus tard.


Tu riras beaucoup et souvent, pour des choses très très très drôles mais que tu oublieras. Tu pleureras aussi beaucoup, mais tu oublieras aussi. Je te promets, tous ces chagrins passeront. Et tu auras toujours des bras pour venir t’entourer, te réchauffer et te rassurer. Cet espace-là, dans les bras de tes parents, c’est celui que tu préfèreras. Profites-en. De chaque câlin, chaque caresse, chaque baiser. Parce que bientôt, tu seras trop grand pour tenir sur les épaules de ton père et ta mère ne pourra plus te porter.

Parce que bon, c’est vrai qu’elle n’est pas grande et pas épaisse, ta petite maman. Mais attention, à l’intérieur, elle brûle comme un volcan et elle tiendra tête à quiconque se mettra sur ton chemin. Elle te donnera les armes dont elle a dû se servir, quand la vie est devenue moins douce.


Quand il a fallu qu’elle devienne grande elle aussi, et qu’elle s’est rendue compte que les plus douloureux combats se jouaient à l’intérieur.


Elle t’apprendra à écouter, à ne pas parler pour ne rien dire, elle te dira qu’il faut toujours y croire, parce que tout fini par aller mieux.


Tu verras, tu les mèneras toi aussi ces guerres-là. Je ne peux pas te dire quand, ni combien de temps elles dureront, mais elles arriveront. Et à ce moment là, il faudra que tu te souviennes. Que tout ce qui compte se trouve dans les yeux de ceux qui t’aiment. Que tu ne seras jamais seul. Que le rire guérit tout et qu’il suffit parfois juste d’une main sur l’épaule pour que toute la peine s’envole.


Tu te demanderas aussi sûrement quelle est ta place, à quoi ça mène, tout ce cirque finalement. Et tu te poseras beaucoup trop de question sur le sens de tout ça.


Personne ne pourra te donner les réponses mais tu les trouveras.


Et si j’ai bien une certitude à te donner, c’est qu’en ouvrant tes petits yeux dans ce nouveau monde, tu nous as donné à tous un immense cadeau.


Celui de nous rappeler que tout vaut la peine d’être vécu et qu’il n’est rien de plus important que ce qui se passe dans l’instant.


Que tout peux changer en un battement de coeur.


Mon petit, grandis bien, et si tu peux, pas trop vite.


Je t’aime tendrement,


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