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Ma réponse face à l’impuissance




J’ai fait un gâteau au chocolat.

Les préparations toutes faites là, qu’on a plus qu’à verser dans un plat. Je suis pas très douée en cuisine alors c’est le mieux que je puisse faire. C’est facile et c’est déjà bien.


Je sais pas quoi dire, je sais pas quoi faire, j’ai pas la force d’écrire. Alors je cuisine des gateaux mal cuits, immangeables, indigeste face à tout ce qui se passe.


Je peux pas regarder en face, je pense qu’à me préserver, à tenir ça à distance.


Je veux pas regarder mais je veux pas ne pas voir non plus. Je veux pas parler parce que je vais me prendre les pieds dans le tapis et que pour être honnête, j’en ai absolument rien à faire de qui, de quoi. Je vois juste les enfants.


J’aurais à peine eu le temps de me faire une idée de ce qui se passe, qu’on aura pris un nouveau coup dans le ventre et dans le coeur.


Je voudrais que mes mains puissent soutenir celles qui sont blessées mais je peux rien faire. Je veux pas faire, je veux pas voir.


C’est pas du déni, c’est prendre soin de soi et faire en sorte de marcher droit.

C’est pas regarder ailleurs, c’est aller chercher des yeux qui nous répondent. Ceux qui sont tout proches, tellement qu’on en oublie de se plonger dedans à force de les avoir près de nous.


C’est pas s’en foutre du monde et des autres. C’est d’abord faire tenir les murs de sa maison et de ceux qui l’habitent, de s’assurer qu’ils vont bien et si on en doute, de rattraper ça, tout de suite.


Hier, en terrasse, on se demandait si on voulait en mettre, des petits, dans ce monde. Aujourd’hui, je rêverais d’avoir un ventre rond. J’en crève d’envie de la porter, cette vie. De l’avoir à l’intérieur, de la faire grandir et de l’expulser dans la douleur, le sang et les cris. Parce que c’est comme ça qu’on y vient dans ce monde. Ca devrait pas être comme ça qu’on le quitte. J’en ai honte de naïveté, rien que de l’écrire.


Evidemment qu’on devrait pas la quitter comme ça, la vie.

Je sais rien faire d’autre que d’écrire, alors je fais ça. Et des gâteaux au chocolat mal cuits. Et donner de l’amour, ça aussi je sais faire, en demander aussi. Parce qu’il faut aller le chercher, faut pas se croire plus fort. Faut pas rester dans son coin. Allez chercher l’amour, allez le donner, même si c’est pas avec la bonne personne. Pour l’instant, faut diffuser. Ca suffit et c’est déjà bien. Comme mon gâteau mal cuit.


Et à tous ceux qui rendent ma vie douce, qui y mettent des rires et de la sécurité, j’espère vous le rendre.



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